Epilogue

Epilogue

Mardi 30 octobre 

Épilogue 

Ce matin au réveil, mes sentiments sont partagés. Je reste vexé et déçu d’avoir terminé mon périple dans un car et non sur la selle de Colibri. Cela me prive du plaisir de refermer la boucle entamée le 13 septembre et de célébrer mon arrivée à Fès avec les proches qui viennent m’accueillir.

Mais je suis évidemment enchanté par le voyage que j’ai effectué. Une fois de plus, le vélo s’est avéré le moyen de transport idéal pour pénétrer en profondeur dans l’âme d’un pays et aller au plus près de ses habitants. Facilités par l’ouverture d’esprit des Marocains, leur amour de la France et leur tradition de l’accueil, les contacts ont été fréquents, parfois fugitifs, mais rarement intéressés et toujours empreints de bonne humeur, de chaleur humaine  et de sincérité. Ceux qui m’ont hébergé et à qui j’ai laissé mon numéro de téléphone m’appellent régulièrement pour prendre des nouvelles. Dans les semaines qui viennent on retournera en voir certains avec Marthe, surtout ceux dont la situation m’a ému. On leur apportera quelques petits cadeaux pour adoucir un peu les rudes conditions dans lesquelles ils survivent.

Ma confrontation avec les intempéries a fini de me convaincre des difficultés que ces familles doivent rencontrer au quotidien dans leurs montagnes.

Ces rencontres me permettent aussi de relativiser les problèmes qu’on peut rencontrer nous mêmes. Je pense que certains Français , éternels râleurs, devraient venir voir dans quelles conditions vivent certaines populations, ailleurs sur la planète. Et le Maroc n’est pas un pays sous développé ; il y a bien pire !

A la chaleur et la richesse de ces rencontres s’ajoute la beauté des paysages traversés qui sont d’une incroyable diversité. Des riches vallées aux abrupts minéraux des montagnes en passant par le désert et les lacs de montagne, j’en ai pris plein les yeux. Et là aussi, le vélo s’est avéré idéal, me laissant le temps d’admirer ces merveilles naturelles (surtout dans les côtes) et la possibilité de m’arrêter souvent pour en profiter pleinement. En voyant les 4×4 me doubler à toute vitesse pour aller jouer aux petites voitures dans le sable, je me disais que certains ont un talent pour passer à côté de l’essentiel…

Et puis il y a bien sûr l’expérience personnelle, la confrontation avec les difficultés, les choix à faire, les problèmes à régler, les situations délicates à gérer. Cela fait du bien de sortir de son confort et de se mettre non pas en danger mais en situation précaire. Je pense que je vais apprécier d’autant plus mes conditions de vie habituelles.

Deux mots sur ma journée à Fès, passée à déambuler dans les ruelles de cette incroyable médina et à faire quelques achats de première nécessité. Notez quand même qu’elle a été ponctuée par un trajet de 10 Km sous une pluie battante et sur des rues inondées à la tombée de la nuit. Ainsi mon unique pantalon, ma seule paire de chaussures et mes derniers vêtements secs sont inutilisables. Mais tout cela va s’arranger dans quelques heures, avec l’arrivée de ma chérie, chargée d’une valise d’affaires propres; le retour du confort…

Merci à vous tous qui m’avez suivi fidèlement. Merci pour vos messages et vos commentaires. Votre présence m’a été précieuse dans les moments délicats. Merci aussi à ceux qui ont répondu à mon appel à la générosité. Je me réjouis d’avance d’apporter le fruit de vos dons aux familles en difficulté.

Je vous en rendrai compte à notre retour.

A bientôt !

Quelques images de Fès…