En direct du Maroc semaine 6

En direct du Maroc semaine 6

Jeudi 18 octobre

Tagounite – Zagora 75 Km

Quand le clairon résonne dans la cour de la caserne à côté du camping, il y a belle lurette que je suis levé, habillé, rasé, et que mon paquetage est remballé. Petits joueurs, les soldats de l’armée royale ! Je comprends pourquoi ils refusent d’être photographiés…

Le temps d’un copieux petit déjeuner et de mes adieux à Younès, à 8h30 je suis en selle. Dès les premiers kilomètres je me félicite (il faut bien que quelqu’un le fasse…) du choix de cette petite route, non répertoriée par Michelin. Une fois passés les 3 Km de piste, ce n’est que du bonheur ; elle serpente dans une palmeraie très bien entretenue et traverse des hameaux et des villages sympathiques.

Une petite route comme je les aime !
Heureux comme un cycliste sur le trik Ktawa.

Arrêté dans un carrefour pour vérifier mon chemin, je suis abordé par un jeune à moto qui veut me montrer le café restaurant qu’il vient de créer. Je décline gentiment car je sens le traquenard qui va me bloquer une bonne heure. Tandis qu’on discute, nous sommes rejoints par un vieux berger qui mène son petit troupeau mixte chèvres et moutons. Un selfie et une promesse d’envoi par WhatsApp, et me voilà reparti.

L’aubergiste et le berger.

Plus j’avance, plus cette route est un enchantement ; elle se faufile dans la vallée du Drâa, alors que la Nationale s’en écarte beaucoup. C’est totalement sauvage, zéro touriste à l’horizon, ce qui est reposant après l’agitation de M’hamid. Comble de bonheur, le col qui franchit la chaîne montagneuse du Bani est bien moins haut et bien plus facile que celui de la grande route empruntée à l’aller.

Le Drâa coule au pied de la montagne Bani.
Retour à la terre …

Cela me fait tout drôle de rouler sur cette voie qui faisait partie de mes envies et des points d’interrogation moult fois posés en potassant Google Maps lors de ma préparation. Rien que son nom me faisait rêver : trik Ktawa. Et bien j’y suis, et j’y suis bien. Je m’arrête à plusieurs reprises pour savourer la vue et apprécier le silence.

Du coup j’en oublie le rendez-vous que je m’étais fixé, d’être avant midi à la fameuse bibliothèque de Tamgrout, certes déjà visitée à l’aller, mais que j’ai envie de revoir en compagnie du vieil Imam qui fait parfois la visite. Selon le Petit Futé, elle ferme de midi à 15h. Mais c’est bien connu, le temps perdu ne se rattrape jamais. J’ai beau appuyer très fort sur les pédales, il est 12h15 quand j’arrive devant la porte.

Heureusement, les guides se trompent souvent et la bibliothèque ne ferme pas. Et le vieil Imam est là, tout de blanc vêtu, hiératique dans son fauteuil roulant avec sa bouteille d’eau sur les genoux. Je sollicite son accompagnateur et je refais le tour de la bibliothèque, dont le vieil homme me présente les ouvrages ouverts dans les vitrines à l’aide de son rameau de palmier. C’est un peu comme un automate dans lequel on aurait mis une pièce; poussé à la juste vitesse par son accompagnateur, il débite son texte sur chaque livre, sans omettre les bonnes blagues du genre : « celui ci est écrit sur de la peau de gazelle, l’animal, pas une femme ! ». N’empêche que je suis impressionné par ces ouvrages venus des fonds des temps. Et grâce à ses explications, je reconnais les ouvrages d’exégèse du Coran, ceux qui traitent de mathématiques, d’astronomie ou encore de généalogie. 

L’autre frustration de mon premier passage à Tamgrout, c’est de ne pas avoir vu les potiers au travail car ils sont réputés avoir des techniques particulières. Je vais donc négligemment traîner devant les sept boutiques et ce qui devait arriver survient, je suis abordé par un vendeur qui me propose la visite de l’atelier. Les mots de ancestral, artisanal et rudimentaire ont toute leur place dans la description du travail de ces hommes, tous membres des sept familles de potiers du village.

Toutes les opérations se déroulent dans cette cour.

Mamadou m’explique que les garçons sont initiés dès leur plus jeune âge à cet art. Cela commence avec la préparation des pâtons de glaise extraite de la palmeraie, se poursuit avec la création des objets sur le tour et s’achève par la cuisson. Toutes ces opérations se font en plein air dans une vaste cour à l’abri des regards, et comme toujours ici dans un joyeux bordel organisé. Mamadou me fait lui même la démonstration sur le tour semi-enterré, puis me montre fièrement le four à gaz offert par une association européenne, mais que personne n’utilise car moins efficace que les bons vieux fours à bois creusés à même la roche.

Pour obtenir la teinte verte, les pièces sont plongées dans cette mixture … grise.
Les vieux fours consomment beaucoup de bois, mais les potiers ne veulent pas d’autre technique.
Le tour est actionné par un mécanisme à pédales dissimulé sous le sol pour « la climatisation ».

De retour à la boutique, on boit le thé et on discute longuement de tout et de rien avec ce garçon à l’esprit ouvert. Mais pas forcément très clairvoyant sur le plan politique : Mamadou juge le roi « très gentil » car, lors de sa visite il y a 7 ans, il a offert un climatiseur pour la bibliothèque et donné de l’argent pour réaliser l’esplanade devant la mosquée… Généreux pour la 10eme fortune mondiale ! Comme je peux difficilement repartir avec une jarre ou un plat à tajine sur mon porte-bagages, je lui promets de revenir en novembre, avec ma gazelle…

Magie de la cuisson, la mixture grise donne au final ce vert très spécifique.

Les 15 Km qui me séparent encore de Zagora seront pénibles car le vent s’est levé et ne m’est pas favorable. Je mange en outre mon compte de poussière, quand je ne prends pas dans mes roues des détritus poussés par les rafales de vent.

À Zagora je trouve un charmant camping très verdoyant qui me fait oublier ces petits inconvénients.

Un charmant camping verdoyant pour oublier la poussière.

En soirée je ressors faire un tour de Zagora by night. Je constate que les rabatteurs en tous genres sont encore bien actifs.

Zagora by night; ça bouge gentiment.
Près de ma tente, j’ai droit à un palmier de Noël !

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vendredi 19 octobre

Zagora-Aït Haddou, 80 Km

D’abord, mettre un peu d’ordre dans mes affaires, en l’occurrence la sacoche avant droite, celle de la nourriture. J’y ai accumulé des dattes collectées ici ou là et réparties dans plusieurs sachets. Je les rince et les regroupe dans un sac congélation. Et puis j’ai des petits restes un peu mélangés. Du tri et du rangement permettent de rationaliser et de libérer de l’espace dans la sacoche.

Mettons un peu d’ordre dans tout cela …

J’en aurai bien besoin aujourd’hui car je dois faire le plein d’eau et de nourriture. En effet, j’ai beau scruter Google Maps en zoomant au maximum, je ne vois ni ville ni village tout au long des 70 Km du parcours entre Zagora et Taghbalt. C’est le moment d’être pleinement autonome.

Et vous faites aussi les couettes ?

La sortie de Zagora commence par un gag. Je croise trois gars qui poussent un triporteur en panne d’essence dans une montée. Ils sont visiblement à la peine. Il faut dire que l’engin transporte un mètre cube d’eau ! Je pose Colibri et leur donne un coup de main jusqu’en haut de la côte. Voilà un bon échauffement !

Et ce n’est pas superflu car je m’aperçois vite que je vais avoir à faire face à un vent qui ressemble à celui d’hier. Moins violent qu’en fin de journée, mais bien établi et bien de face. Et pas de risque que cela change puisque la route est droite comme un i sur plus de 20 Km. J’ai beau m’échiner, je roule péniblement à 10 Km/h. Cela m’agace évidemment, mais je m’efforce de rester calme. D’expérience, je sais qu’insulter les éléments n’a aucun effet sur eux. Donc je mets le petit plateau et je mouline. En plus, le paysage est sans intérêt, c’est tout plat et caillouteux, c’est tout.

Parfois ça parait vraiment long…
Mouvement de grève dans le peloton; tous les coureurs ont mis pied à terre pour protester contre le vent de face.

La vue d’un col me réjouit; au moins je saurai pourquoi je souffre; et puis l’abri de la montagne pourrait me protéger un peu. Et en effet, la montée me semble un répit. Arrivé en haut, je me pose pour déjeuner. Cela fait plus de 3 heures que je roule et j’ai parcouru 27 Km, soit 9 Km/h de moyenne ! Comme il y en a 70 au menu du jour, je commence à envisager sérieusement de couper l’étape en deux. Après tout j’ai une journée d’avance sur mon planning, il faut que ça serve. Je repars donc avec l’objectif de faire au moins 10 Km; après quoi je m’autoriserai à m’arrêter. Mais la météo réserve parfois de bonnes surprises. Après ma pause, le vent se calme et je retrouve des bonnes conditions de pédalage. Ça fait plaisir de sentir le vélo avancer quand on appuie sur les pédales ! Et comme parallèlement le paysage s’embellit, le moral remonte en flèche.

Ce point d’eau apporte un peu de fraîcheur dans un univers très minéral.
On s’attend à voir arriver les gazelles et les girafes venues se désaltérer.

Au Km 50, je passe devant un boui-boui, le premier débit de boisson depuis mon départ. Je décide de m’arrêter boire un thé. Le pauvre garçon qui tient l’établissement est fortement handicapé. Je lui fais très plaisir en le prenant en photo. Il me remercie en m’offrant un prospectus d’un rallye des sables de 2016 …

Le brave garçon tient son café-épicerie au milieu de nulle part.
Son sourire fait plaisir à voir.

J’arrive à Taghbalt vers 16h30, bien décidé à me faire inviter ou à faire du camping sauvage. Mais mes tentatives d’approche restent vaines et je décide de poursuivre un peu, jusqu’à un camping annoncé à 2 Km. Comme je ne le trouve pas, je continue jusqu’au village d’Aït Haddou. Là, je provoque une sorte d’émeute. La vingtaine de gamins qui jouaient au foot délaissent immédiatement le ballon en me voyant arriver et me suivent partout où je vais. Comme je sollicite un adulte pour trouver un emplacement où camper, il me confie aux gamins, qui m’emmènent sous un tunnel qui passe sous la route ! Bien fait pour moi, j’avais demandé un endroit « à l’abri ». Comme j’explique que ce n’est pas possible, le jeune homme revient et me propose un endroit près de chez lui, un terrain vague derrière les maisons, en bordure de la palmeraie. Et là, je procède à mon installation avec une quinzaine de paires d’yeux rivés sur chacun de mes gestes. Le montage de la tente les épate carrément et je dois mettre le holà pour qu’ils ne participent pas à la manœuvre. Mais le summum de l’étonnement c’est le gonflage du matelas ! Ils sont bidonnés. Et moi aussi du coup. Une fois le montage terminé, leur présence devient un peu encombrante tandis que je fais un brin de toilette et que je prépare à manger. Un seul truc les fera fuir, c’est quand j’enlève mon short pour enfiler un pantalon !

Mieux qu’un cirque ! Pascal monte sa tente dans le village; une véritable attraction.

Ce qui est amusant c’est le comportement des filles qui passent à l’écart et repassent en jetant des coups d’œil en coin. Il faudra attendre la nuit tombée pour que trois d’entre elles osent s’approcher un peu et s’adressent directement à moi. «  Bonne jour; comment tu t’appelles ? » ( le son «on » est tout aussi difficile à prononcer pour les arabophones que pour les Allemands ou les Anglais).

Comme les gamins reviennent sans cesse pour m’observer, des adultes leur demandent de me laisser tranquille. Parmi eux figure l’imam de la mosquée, un petit bâtiment tout ordinaire sans minaret que je n’avais pas identifié. Il m’indique que la mosquée dispose d’une chambre et me propose d’y dormir. L’occasion est trop belle, ça ne se refuse pas ! Aidé d’un jeune homme il déroule quelques tapis poussiéreux sur le sol d’une pièce attenante à la salle de prière, je vais chercher mon duvet et me voilà installé bien au chaud. Près de moi est stocké un chariot que je viens d’identifier comme étant le corbillard !

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Samedi 20 octobre

Aït Haddou – Alnif 95 Km

En tant que résident de la mosquée, je suis évidemment aux premières loges pour la prière du matin. Et pour la première fois, je vois de mes yeux le muezzin s’époumoner dans son micro. C’était peut-être l’occasion rêvée d’obtenir l’autorisation de l’imam d’entrer dans la mosquée pour assister à la prière; mais je n’ose pas poser la question.

Après la prière, l’imam vient me saluer et tandis qu’il me parle (en arabe), je le vois se contorsionner bizarrement; je crois qu’il veut se gratter le dos, mais finalement il attrape la capuche de son burnous dont il sort deux poignées de dattes. Trop gentil.

A peine parti, je croise mon premier Français à vélo; Gilbert, un méridional passionné de VTT fait aussi un voyage de plusieurs semaines au Maroc.

Gilbert tourne en sens inverse de moi sur les routes marocaines.

Après avoir pratiqué les pistes, il s’est converti au bitume, usé par les séances de poussettes sur plusieurs heures. En plus, à ces vitesses de piéton, il est harcelé par les gamins qui le suivent parfois sur plusieurs kilomètres en réclamant des stylos, des bonbons et des dirhams. Il n’en peut plus. A part ça, il est comme moi, bluffé par l’hospitalité des Berbères. Il n’a pas de tente et s’en remet donc aux auberges et aux invitations. On passe une bonne demi-heure à échanger sur le bord de la route. Et soudain, un homme âgé qui habite juste en face nous appelle, le plateau de thé à la main ! On s’installe devant la maison, il nous sert, la femme apporte une délicieuse crêpe à l’huile d’olive et aux herbes, puis les dattes. J’ai roulé 20 minutes et je suis arrêté une bonne heure en tout. Gilbert s’inquiète pour sa moyenne du jour ! Moi je savoure cette façon d’appréhender le temps.

Comment résister à une telle invitation ?

La route que j’emprunte pour aller vers Rissani évite curieusement les montagnes; au lieu de le franchir elle les contourne. Si bien qu’elle effectue de larges courbes qui donnent parfois l’impression de faire demi tour. L’avantage c’est que le parcours est parfaitement plat. Du coup j’envisage de dépasser la dose de 77 Km prescrite et de pousser jusqu’à Alnif. A voir en route…

Ces dromadaires roulent tranquillement leur bosse le long de la route.

Au passage à Tazzarine, je m’offre une pause thé dans un troquet au milieu de l’agitation de cette ville assez animée. Puis je m’offre un petit tour dans la casbah au bord d’une jolie palmeraie.

Tandis que je bois mon thé, les passants passent…
… et repassent.

30 Km plus loin je m’offre une nouvelle pause thé, accompagnée cette fois d’un copieux déjeuner.

En quittant la route principale, on peut découvrir la belle casbah de Tazzarine.
Le soleil se charge du séchage des briques de pisé.
En face de la casbah en pisé qui se dégrade, on reconstruit en parpaings. Tout un symbole.

Quand j’arrive à Battou, lieu d’étape prévu, je me sens largement capable de faire 25 Km de plus pour atteindre Alnif. Ce n’est pas tous les jours que le vent me pousse; il faut en profiter. Au passage je m’arrête chez un marchand de minéraux et de trilobites, la spécialité de la région. 

Un palmier, un minaret, une antenne relais; un bon résumé du Maroc.

A Alnif, faute de camping, je trouve facilement un endroit sympa dans la palmeraie. Il y a même un petit canal qui me permet de faire ma lessive du jour. Cette opération hautement originale attire une nuée de gamins avec qui j’échange comme je peux. Curieusement et contrairement à d’habitude, les filles sont les plus entreprenantes.

Au début, c’est bon enfant…
Petite lessive dans le canal.

Le souci c’est que la nuée grossit à vue d’œil et me suit partout, tel un essaim d’abeilles dans une histoire de Picsou. L’accrochage des vêtements sur un palmier est suivi avec une attention soutenue, tout comme la rédaction de mon blog. Ils sont une quinzaine accroupis en demi-cercle autour de moi.

En demi cercle autour de moi.

Si encore ils étaient discrets, cela ne me gênerait pas; mais c’est à qui criera le plus fort pour attirer mon attention. Au bout d’une demi-heure à ce régime, et plusieurs demandes de calme, je craque et les envoie paître. Cela m’ennuie pour les plus grands qui sont gentils, mais c’était devenu insupportable. Du coup, les invitations à boire le thé et à dormir à la maison s’évanouissent. Tant pis, ce sera palmeraie et rien de plus. Sauf un FaceTime avec ma famille chérie, réunie pour célébrer les anniversaires d’Anne-Laure et Camille. Du coup, le montage de la tente se fera de nuit, une première, mais pas de problème, avec l’entraînement je peux le faire les yeux fermés.

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Dimanche 21 octobre

Alnif – Rissani, 95 Km

Va où le vent te porte, va !

La météo annonce un vent de sud-ouest, et je vais au nord-est; cette perspective me donne envie de griller les étapes et de filer jusqu’à Rissani. Cela suppose encore une journée à plus de 90 Km, mais il faut saisir les opportunités. J’aviserai en route.

Le réveil dans la palmeraie est des plus sympathiques. Pas de gamins pour m’accueillir à la sortie de ma tente. Pendant que je démonte, quelques uns me saluent de loin mais ils n’osent plus s’approcher. Ma colère d’hier soir les a refroidis. Pauvres gosses, je leur ai gâché leur plaisir.

Très vite la palmeraie s’anime; de nombreux hommes retournent la terre de leurs parcelles respectives en vue de nouvelles plantation. L’un d’eux vient me porter gentiment une poignée de dattes.

Avant de quitter la ville je refais un petit tour pour revoir un bâtiment aperçu hier soir et décoré de symboles berbères. Et puis je me mets en quête d’une poubelle pour jeter mes détritus. Mais là, je fais chou blanc et je repars avec mes déchets et mes bouteilles vides.

Le symbole berbère de l’Homme libre figure sur cette ancienne porte de la ville.
Une ruelle d’Alnif déserte en ce dimanche matin.
Joli symbole berbère sur un bâtiment d’Alnif.
Ce matin, Colibri a des airs de camion poubelle !

Au passage je m’arrête à un magasin de fossiles et trilobites, la spécialité d’Alnif. Comme je m’étonne de la profusion de fossiles dans cette ville, un géologue m’explique que des couches sédimentaires très anciennes affleurent dans la région. De ce fait, on y trouve des fossiles en grand nombre. Et notamment les fameux trilobites, ces arthropodes marins qui vivaient à l’ère primaire, entre 400 et 250 millions d’années, bien avant les dinosaures.

Trilobite, drôle de bête.
Insérés dans ce gros rocher, toute une famille de trilobites. Il faudra des centaines d’heures pour les dégager.

Les plus gros mesuraient 70 cm de long, mais la plupart n’excédaient pas quelques centimètres. La région d’Alnif est réputée dans le monde entier pour ses gisements de fossiles, qui sont hélas pillés de façon sauvage. Sur le bord de la route, de nombreuses échoppes en proposent et on peut assister au travail des artisans qui les dégagent de leur gangue pierreuse pour les mettre en valeur. Ils fabriquent aussi un tas d’objets à partir de fossiles.

Des petits fossiles transformés en menus objets décoratifs.

Comme convenu le vent de sud-est me porte vers mon objectif. Il est à peine midi quand j’arrive à M’sissi, terme prévisionnel de l’étape du jour. Je bois un thé, je mange un pain arrosé de miel et je repars, bien décidé à aller jusqu’à Rissani. D’ailleurs il me serait difficile de faire autrement car il n’y a plus le moindre village sur les 50 Km suivants !

Une jolie rencontre sur la route.

Après 75 Km de selle, je m’arrête pour déjeuner au bord de la route. Et là je prends conscience de la force du vent. Il est aussi violent que celui qui m’a tant fait souffrir avant-hier, mais quand on l’a dans le dos on ne le sent pas. On pense juste qu’on est un super-cycliste !

Ces belles herbes égayent un paysage encore très minéral.

Il est à peine 16h quand j’arrive à Rissani, soit moins de 6 heures pour boucler 95 Km, pauses comprises.

L’entrée de la cité des Alaouites est marquée par une porte monumentale richement décorée.

Rissani est le berceau de la dynastie alaouite qui règne sur le Maroc depuis 1669. La ville abrite le mausolée de Moulay Ali Cherif, fondateur de la dynastie, qui revendique une filiation avec le prophète Mahommet par sa fille Fatima et son gendre Ali. Cette prestigieuse ascendance est d’ailleurs, aujourd’hui encore, l’un des piliers de son pouvoir. 

Des couleurs inhabituelles s’affichent dans les rues de Rissani.

L’animation de cette grande ville (25.000 habitants ?) me surprend. Le souk est particulièrement vivant. Il faut dire que c’est la pleine saison de récolte des dattes et les vendeurs de ces fruits sont très nombreux. Cela permet de voir les différentes variétés; certaines, bien en chair et moelleuses sont franchement appétissantes ; d’autres ont l’air plus sèches et ne sont sans doute pas destinées à la consommation directe. Vu les quantités présentées, je pense que le souk fait office de marché de gros car ce sont des sacs entiers ou des caisses qui changent de mains.

Les dattes se vendent en grosses quantités.
Toutes les variétés de dattes sont proposées.

La mauvaise surprise c’est l’absence totale de camping dans toute la ville. Je ne trouve pas  même une auberge susceptible d’accueillir une tente. Je traîne donc un peu dans les quartiers populaires en arborant mon air aimable et mon plus beau sourire dans l’espoir d’être invité, mais wallou ! Et je me retrouve, comme hier soir, dans la palmeraie. Cette fois elle est un peu à l’écart des habitations, ce qui devrait me protéger des hordes de gamins… Un jeune homme qui coupe de l’herbe me confirme que je peux passer la nuit dans la parcelle que j’ai choisie.

Avant de m’installer vraiment, je retourne en ville, où l’animation ne fait que croître. Dans le souk, les affaires vont bon train. Les boutiques de vêtements sont prises d’assaut par les femmes. Pourtant je remarque qu’elles sont nombreuses à porter des tenues noires et le voile intégral. Cela contraste fortement avec hier soir, à Alnif, où les tenues des femmes étaient très colorées et les voiles bien légers. Les deux villes ne sont pourtant distantes que d’une centaine de kilomètres…

Une des entrées du souk.
Plus la soirée avance, plus le souk est animé.

Je m’installe à la terrasse du « Café Français » et j’observe les allées et venues de cette foule affairée et bruyante. Un spectacle en soi.

C’est donc en nocturne que je rentre à la palmeraie pour planter ma tente et dîner tranquillement.

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Appel à votre générosité.

Quand Marthe m’aura rejoint, nous rendrons visite aux familles qui m’ont hébergé spontanément. Deux d’entre elles connaissent de grosses difficultés financières. Afin de les aider, j’aimerais apporter des cadeaux aux enfants. Je pense notamment à des vêtements, du matériel scolaire et des jouets. Si vous avez des stylos, des trousses, des crayons de couleurs, des feutres, des cahiers de coloriage, etc, vous pouvez les déposer à Marthe. Pour ne pas trop alourdir sa valise, nous achèterons aussi des choses sur place.

Merci

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Lundi 22 octobre

Rissani – Rissani, 60 Km

Non, je ne suis pas au paradis d’Allah. Ce ne sont pas mille vierges qui me réveillent, mais seulement deux femmes tout de noir vêtu et soigneusement voilées. En entendant leur « sala aleikoum », je sors la tête de la tente, le reste de mon corps n’étant pas présentable à des dames respectables, et je réponds par un aleikoum salam qui les incite à poursuivre la conversation. Mais je ne comprends pas ce qu’elles me veulent. J’espère juste qu’elles ne veulent pas que je déguerpisse, pour une fois que je veux passer deux nuits au même endroit. Finalement elles me laissent tomber et s’en vont couper des branches de palmiers, une activité visiblement de saison. Il faut dire que cela sert à tout, à faire des clôtures, des toits, des balayettes, on les brûle pour cuire le pain ou chauffer le hammam, etc.

Comme j’ai oublié de racheter du café hier, je la fais un thé très mauvais dans lequel il y a autant à manger qu’à boire.

Comme j’ai fait l’équivalent de trois étapes en deux jours, je peux m’accorder un peu de temps à Rissani. J’ai repéré un circuit touristique d’une vingtaine de Km qui fait traverser une dizaine de villages fortifiés (ksour), particulièrement nombreux et bien entretenus dans la région. Et puis il y a le mausolée du shérif Ali; pardon de Moulay Ali Chérif.

De détours en écarts, les 20 Km du circuit vont  au final en faire 55 ! Mais cela va me permettre de découvrir des villages hors du temps, certes desservis par l’électricité mais dont les modes de vie sont restés inchangés. Vus de l’extérieur, ces ksour semblent totalement hermétiques et déserts. Mais quand on y  pénètre, c’est un fourmillement de vie qu’on y découvre. Je me glisse littéralement dans les ruelles couvertes qui desservent les habitations, saluant les habitantes éberluées de voir passer un Européen. Quand les portes des maisons sont ouvertes je jette un œil aux intérieurs totalement dépouillés et dénués de tout confort.

Généralement il n’existe que deux portes pour accéder aux villages fortifiés. Elles sont souvent décorées.
Le point d’eau est toujours devant l’entrée principale.

La plupart du temps, je suis accompagné par les gamins du village auxquels il faut parfois fixer des limites, notamment par rapport au vélo que je leur demande de ne pas toucher. Une fois cela tourne mal; à plusieurs reprises les plus âgés me disent « stop ». Comme je continue de m’enfoncer dans la ruelle sombre, ils se mettent devant moi et tiennent mon guidon pour m’empêcher d’aller plus loin. Sans en comprendre la raison, je n’insiste pas et je fais demi-tour.

Il faut parfois se forcer un peu pour s’engager dans ces ruelles sombres.

Le spectacle le plus fréquent est le puisage et le transport de l’eau. Chaque ksar dispose d’un seul point d’eau, toujours situé devant la porte principale. Un habitant est préposé au robinet et remplit les gros bidons que les gens lui présentent. Souvent, ce sont des jeunes garçons qui assurent ensuite à dos d’âne le transport jusqu’aux habitations. Au passage, ils oublient d’aller à l’école ceux là !

Les ânes sont ont indispensables pour ce genre de corvée car ils passent partout.
La corvée d’eau se transforme souvent en jeu pour les enfants.

J’apprendrai plus tard que ce système contraignant est appelé à durer. En effet, les autorités refusent d’amener l’eau courante jusque dans les maisons pour éviter les possibles dégâts des eaux, qui seraient catastrophiques dans des maisons en terre. Or la région du Tafilalet a entrepris de préserver et restaurer les quelque 140 ksour qui constituent un patrimoine architectural précieux.

Ce ksar est particulièrement bien entretenu car il était la résidence d’une grande famille.
Ce palmier ne donnait pas de dattes; son propriétaire a préféré y mettre le feu.

La boucle me ramène à Rissani en passant devant le fameux mausolée, situé à l’écart de la ville, sur une grande place évidemment très prisée des marchands de souvenirs. Sur les indications du garde, je stationne Colibri en face l’entrée principale et je visite les jardins, seule partie accessible aux non musulmans.

Le jardin est divisé en quatre carrés articulés autour de la fontaine centrale.
Une très belle porte séparé le jardin de la partie résidentielle du site.
Détail d’un motif de la porte.
La fontaine, élément incontournable du jardin.

Le jardin est divisé en quatre parties égales qui représentent les quatre saisons. C’est évidemment un havre de paix et de fraîcheur. La porte de la mosquée est ouverte et je suis autorisé à en photographier l’intérieur depuis la porte. En revanche, le jardin où se trouve le mausolée lui-même est inaccessible.

L’intérieur de la mosquée attenante au mausolée.

En sortant j’ai une mauvaise surprise : je n’ai plus de compteur sur mon guidon; le fil a été arraché et il ne reste que le scratch de support. C’est la première fois que cela arrive. La perte de mon compteur vient s’ajouter aux petits désagréments matériels de ces derniers jours qui ont vu les disparitions successives de ma carte du Maroc, d’un gant et d’une serviette de toilette, oubliés ici ou là. Il faut croire que mon attention se relâche… Rien de grave, mais que cela me serve de leçon.

En revanche j’ai la satisfaction de retrouver intact mon campement dans la palmeraie et je me prépare un déjeuner que je prends le temps de savourer.

Je pars ensuite à la recherche d’un petit canal pour faire une lessive, mais je n’en trouve pas. Je commence à être à court de vêtements propres.

Et puis la ville m’appelle ! Même si aujourd’hui ce n’est pas jour de grand souk, il règne une belle animation. Au cœur du marché, je retrouve un marchand de tapis francophile avec qui j’ai déjà discuté hier. Cette fois il m’invite à boire le thé et on passe ainsi une bonne demi-heure à parler du Maroc et de la France. Il est très cultivé et très intéressant. C’est lui qui me parlera des ksour et de leur approvisionnement en eau. Au gré des passages devant sa boutique, on trinque avec l’un ou l’autre. Installé là depuis les années quatre-vingt, il connaît tout le monde dans le souk.

Le marchand de tapis fait partie de la famille Moulay.
Le thé au cœur du souk de Rissani, un sacré bon moment.

Quelques emplettes, un thé au café français pour recharger l’iPhone et rédiger le blog, un dîner à la lueur de la lampe frontale, et voilà encore une bonne journée bouclée. Demain, le désert, sous la pluie si j’en crois les prévisions météo.

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Mardi 23 octobre

Rissani – Merzouga 45 Km

Dégonflé, à plat ! Non, pas le vélo, le matelas gonflable ! C’est très désagréable de se réveiller au milieu de la nuit en sentant les graviers sous ses hanches. Pensant qu’il s’était simplement dégonflé, je remets un peu d’air et je me recouche. Mais je dois vite me rendre à l’évidence : il est crevé. Inutile de dire que le reste de la nuit ne sera pas des plus confortables, même en insérant quelques vêtements sous le matelas. Je vais devoir m’occuper de ça à ma prochaine halte.

Le matelas ultra court (110 cm) et ultra léger (150 gr) mais fragile.
Une fois plié, il n’est pas plus gros qu’une canette de 25 cl.

Cela tombe bien car l’étape sera courte, une quarantaine de kilomètres plein sud jusqu’à Merzouga, ville réputée pour ses dunes de sable. Même avec un petit vent de face, le trajet est une formalité.

Dès l’entrée de Merzouga, je suis harcelé par les rabatteurs qui me proposent pêle-mêle hébergement, sortie en 4×4,  bivouac, promenade à dromadaire, etc. Je fais celui qui sait où il va et surtout je ne m’arrête pas. Je traverse la ville, attiré par la grande dune qui se trouve juste à l’opposé.

Avec ses 120 mètres de haut, cette dune est la plus haute du Maroc.

Le spectacle est très différent de celui de M’hamid. Les dunes sont vraiment aux portes de la ville et elles sont beaucoup plus hautes. L’erg Cherbi est la plus vaste et la plus haute étendue de dunes du Maroc. L’offre d’hébergement est pléthorique; j’opte pour une petite auberge camping un peu à l’écart des autres. Le patron m’offre le thé et je m’installe, tout heureux de retrouver de l’eau et de l’électricité à volonté après trois jours de bivouac dans la nature. Grosse douche, grosse lessive et réparation du matelas. Heureusement que le fabricant prévoit un petit kit de réparation. Mais ce qui m’inquiète c’est que la fuite n’est pas due à un trou comme je le pensais, c’est une couture thermocollée qui a lâché. Pas normal.

Curieusement, c’est un lac qui constitue ma première promenade à Merzouga, porte du Sahara. Le lac Srij, situé à 3Km, est réputé pour les nombreux oiseaux qu’il accueille, notamment des flamants roses.

Avant le désert, le lac Srij et ses oiseaux.

Sur place je retrouve effectivement un groupe d’ornithologues hollandais qui sillonnent le monde entier pour observer les oiseaux. Quand je me dirige vers eux et les salue, ils me tournent d’abord le dos, croyant avoir à faire à un berbère qui veut leur vendre quelque chose. Il faut que je me présente comme touriste pour qu’ils acceptent de discuter avec moi. A croire que je me berbèrise de plus en plus ! Mais ce n’est pas pour autant qu’ils me proposeront d’observer dans leur lunette les flamants réfugiés à l’autre bout du lac …

Au retour je fais une grande promenade dans les dunes et j’assiste au coucher de soleil, immédiatement suivi d’un majestueux lever de pleine lune sur le désert. Magique.

17h, les touristes partent dormir dans le désert.

Un scarabée suivi par son ombre.
Allô, les Tri-Porteurs ?
Le ciel s’embrase.

Encore un thé avec Mohammed, lle patron, qui organise aussi des bivouacs dans le désert, et c’est l’heure de faire la popote et de se coucher. La petite nuit précédente et la marche dans le sable des dunes m’incitent à me coucher tôt.

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Mercredi 24 octobre

Merzouga – Erfoud 57 Km

Debout 7 heures pour assister au lever du soleil; exercice obligé pour les touristes qui viennent dans les dunes. D’ailleurs on est plusieurs dizaines éparpillés sur les crêtes pour assister au spectacle. Les pieds nus dans le sable frais, je savoure ce moment, seulement perturbé par les vociférations de jeunes Français qui se chargent de gâcher le silence qui sied à ce genre d’instants.

Des chaises pour les contemplatifs.
Mon empreinte sera très fugitive.

C’est d’ailleurs le reflet des problèmes posés par l’attractivité de ces sites touristiques. Trop de monde, trop de bruit, trop de moteurs et presque … trop de dromadaires ! Je vois revenir en file indienne une bonne trentaine de camélidés portant sur leur bosse autant de touristes qui rentrent de bivouac. En bref, ce désert est un peu trop peuplé !

En quittant Merzouga, j’ai le sentiment de commencer mon retour à la maison. En effet, j’entame la dernière partie du voyage, celle qui va me ramener à Fès, mon point de départ. Mais heureusement, le chemin recèle encore plein de choses à découvrir. 

Devant les commerces et parfois sur le bord de la route on trouve ces jarres d’eau fraîche en libre-service. Faut juste aimer partager…

La route vers Erfoud est récente; elle ne figure pas encore sur toutes les cartes. Quand elle y sera représentée, je ne pense pas qu’elle soit classée « touristique » car elle est d’un ennui mortel. Son seul mérite est de longer l’erg Chebbi sur plusieurs kilomètres au début. Et puis elle sombre dans la monotonie, seulement égayée par les nombreux panneaux indiquant les multiples carrières de fossiles qui la jalonnent.

La signification des pancartes n’est pas toujours très claire.

La route est tellement nouvelle que les fils électriques ne sont pas encore accrochés aux poteaux qui, eux, se dressent fièrement sur les 55 Km. De même, on n’a pas eu le temps d’installer les bornes kilométriques sur tout le parcours. Ajouté à la disparition de mon compteur, cela me laisse dans l’inconnu quant à la distance restant à parcourir. Seul un coup d’œil à Google Maps de temps en temps me rassure : j’avance.

Match nul, une bosse partout.

A l’entrée d’Erfoud, le cimetière attire mon attention au passage. Il abrite en effet de nombreuses tombes bien délimitées, ce qui tranche avec ceux que j’avais vus jusque là, qui n’abritaient souvent que des pierres dressées indiquant l’emplacement d’un défunt. La plupart du temps, aucune indication de nom ni de date de décès ne figure sur ces sépultures très rudimentaires.

A Erfoud, de nombreuses tombes sont bien délimitées et identifiées.
Le vert, couleur de l’islam, est présent sur plusieurs tombes.
Les galets peuvent aussi servir à décorer les tombes.
À Taghbalt, les sépultures etaient déjà un peu mieux délimitées.
La plupart des cimetières dans les villages ne se distinguent que par les pierres dressées qui signalent les sépultures.

Comparée à Rissani, Erfoud me fait l’impression d’une ville plus riche, plus propre et plus organisée. Deux larges avenues d’aspect moderne se croisent en son centre. C’est là que je tombe sur un alignement de barnums destinés à un genre de foire exposition. Je fais tout de suite le lien avec le Moussem des dates qui se tient ici chaque année en octobre. Mais j’ai beau observer Le gens qui travaillent sur le site, je ne parviens pas à déterminer s’ils installent ou s’ils démontent. Je pose donc la question à l’un d’eux qui me confirme que le Moussem commence demain. C’est une chance car Erfoud est réputée pour ses dattes et est le centre d’un marché international de ce fruit. Du coup, je crois que je vais changer mes plans pour demain, et venir flâner ici avant de poursuivre ma route, quitte à écourter ma prochaine étape.

Tous les ponts urbains sont peints en rouge et blanc.

Je m’installe dans un camping sympa à 5Km de la ville. J’y rencontre un jeune Suisse allemand qui sillonne aussi le Maroc à vélo. Bien que parti de Marrakech, il a fait un parcours similaire au mien dans le sud du pays. Et il est sur la route pour aller à Fès. On échange donc sur nos expériences respectives . Encore plus que moi il fuit les villes et les sites touristiques. Ainsi à Merzouga s’est-il contenté de monter sur une dune et il est reparti aussitôt !

A part cela, ma mission du jour consiste à re-réparer le matelas gonflable qui fuit encore un peu. Ça va, pas trop fatigant comme mission…